Les forêts canadiennes sont grouillantes de vie. Elles nourrissent et abritent de nombreux animaux, du plus grand mammifère, comme le bison des bois, au plus petit, comme la musaraigne pygmée qui mesure 5 centimètres de long. Les oiseaux aussi bénéficient grandement des régions boisées de notre pays, car ils y trouvent de la nourriture et une protection. Environ cinq milliards d’oiseaux ayant migré vers le sud pour l’hiver reviennent dans nos forêts nordiques tous les étés pour se reproduire. Fait moins connu, les poissons aussi profitent de nos forêts et contribuent à leur croissance et à leur évolution.

Les animaux et la nature sont beaucoup plus interreliés qu’on ne le croit. Nous avons réuni des exemples pour vous montrer que si les forêts sont cruciales pour la faune, cette faune le leur rend au centuple.

Un soutien : l’écureuil des forêts de l’est du Canada
Il existe 22 espèces d’écureuils au Canada. Six d’entre elles ont appris à vivre dans les arbres, tandis que les 16 autres vivent au sol. Présents dans toutes les provinces et tous les territoires, les écureuils sont souvent considérés par les humains comme nuisibles. Toutefois, dans les forêts, c’est une tout autre histoire. L’écureuil gris de l’Est, par exemple, se porte à merveille dans les arbres des forêts de l’Est, car il y trouve de la nourriture en abondance et un abri. En échange, il joue un rôle important dans la régénération de la forêt : quand il enterre des noix et des graines dans le sol pour se nourrir en hiver, l’écureuil oublie souvent où se trouvent ses cachettes. Ainsi, au printemps, les graines et les noix se mettent à germer, ce qui crée de nouvelles plantes dans les forêts.
En relation : saumons, ours et arbres des forêts pluviales de la côte centrale et nordique de la C.-B.
La forêt pluviale du Grand Ours, en Colombie-Britannique, est la plus grande forêt pluviale tempérée du monde. Elle doit son nom à deux espèces qui l’habitent : le grizzli et l’ours noir au pelage blanc, surnommé « ours esprit ». Cette forêt, qui abrite également la martre, le loup et le cerf à queue noire, compte cinq espèces de saumon dans ses eaux. Quand nous pensons au mot « poisson », nous ne pensons pas à la forêt, mais il existe toute une population de saumons dans la forêt du Grand Ours et elle est essentielle à la richesse et à la santé de la forêt. Voici pourquoi : quand le saumon remonte les cours d’eau pour frayer, il attire des ours et d’autres mammifères carnivores qui se nourrissent de ces poissons migrateurs. Quand les saumons survivent à la remontée, ils fraient puis meurent. Leur corps se décompose et sert de nourriture aux arbres et aux végétaux. En retour, les arbres en bordure de l’eau favorisent le développement des œufs de saumons grâce à leurs racines et leurs aiguilles, et ils leur procurent aussi une ombre rafraîchissante. En 2016, une entente est survenue pour protéger la forêt pluviale du Grand Ours et mettre en place des pratiques durables pour l’utilisation des terres. Cette entente permettra désormais au précieux cycle de vie de la forêt de se poursuivre pendant des générations.
Un atout dans la forêt boréale : le lièvre d’Amérique

La forêt boréale du Canada est la plus grande forêt intacte du monde. Elle abrite 85 espèces animales. Ses ressources sont si abondantes qu’elle attire chaque année la moitié des oiseaux d’Amérique du Nord, qui y nichent pour se reproduire. Populaire auprès des oiseaux et d’autres espèces bien connues, cette forêt de 5000 km est également l’habitat du lièvre d’Amérique, un animal aussi répandu que l’écureuil. Puisqu’il vit au sol, le lièvre d’Amérique préfère la végétation dense qui pousse au pied de la canopée principale de la forêt, où il peut se procurer de la nourriture et se protéger des prédateurs. Les scientifiques le considèrent comme une « proie indispensable », car une diminution importante de sa population dans la forêt boréale entraînerait une réduction d’autres espèces carnivores, ce qui déséquilibrerait tout l’écosystème.

Les forêts canadiennes servent d’habitat à de nombreuses espèces uniques. Chacune de ces espèces joue un rôle essentiel dans l’équilibre de l’écosystème. Toutes ces relations complexes sont un beau jeu d’entraide : les régions sauvages contribuent à la faune du pays et les animaux façonnent nos forêts.

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